Ces start-up qui réinventent l’agriculture urbaine

Start up agricole

Les enjeux pour le futur sont colossaux : comment réussir à nourrir 9,5 milliards de personnes en 2050, parmi lesquels 65 % seront urbains ?

Et comment optimiser l’espace afin de réussir à créer une ville auto-suffisante ? Quand on sait qu’en cas de crise, Paris serait vidée de sa nourriture en quelques heures, et que seulement 2 à 5 % des biens consommés sont produits localement, il y a beaucoup de progrès à faire.

Pourtant, depuis quelques années, des projets de fermes urbaines se développent : et le concept se multiplie un peu partout. Zoom sur des start-up qui bousculent les codes de l’agriculture au sein des villes.

Cycloponics à La Chapelle, première ferme Bio souterraine de Paris.

Créée par deux jeunes entrepreneurs, ingénieurs en agronomie, Cycloponics ou appelée plus familièrement « la Caverne », est située dans un parking souterrain d’une barre d’immeuble de plus de 300 logements à La Chapelle, dans le 18ème arrondissement. Déjà présente à Strasbourg, cette start-up compte bien démocratiser la culture des champignons dans les souterrains des grandes villes.

Au total, une surface de 3600 mètres carrés, dédiée à la pousse de champignons : des pleurotes, champignons de Paris et shiitakés.

Ils cultivent également des endives, salades et herbes aromatiques et commencent la production de micropousses : des graines germées de brocolis, moutarde poireaux radis roquette…

Les plantes poussent grâce à des lumières LED, qui poussent dans des conditions optimales.

La lumière LED artificiel qui permet aux plantes de pousser dans les meilleures conditions !

Seules les micropousses ne sont pas certifiées bio car elles ne poussent pas en pleine terre.

Vous n’imaginez pas l’endroit très propre pour faire pousser des légumes ? Pas de panique, le parking autrefois mal fréquenté a subi un nettoyage et son air est filtré en permanence, subissant régulièrement des contrôles.

Ci-dessus une des plantations de champignons de Cycloponics.

200 kilos de champignons sont produits chaque semaine et les fermiers ne comptent pas s’arrêter là puisque leur objectif est d’atteindre 300 tonnes de production à l’année et de se développer à Bordeaux.

6 salariés ont été embauchés dont deux proviennent de l’immeuble du dessus. Les habitants bénéficient même de tarifs préférentiels !

En goûts, les champignons sont extra-frais puisque ils sont cueillis dès le matin pour se retrouver sur les étals des marchés.

Si vous souhaitez tester leurs produits, la commande en ligne est possible directement sur leur site.

Agricool, les fraises cultivées à Paris !

Des fraises cultivées dans la capitale, avec du goût, sans pesticide ni OGM : un mirage ? Et pourtant, c’est le pari que se sont lancé Gonzague et Guillaume, deux fils d’agriculteurs.

Lorsqu’ils se sont installés à Paris, ils ont été très déçus par la qualité des fruits et légumes et leur manque de goût.

Ils savaient que pour retrouver cette qualité, il fallait cultiver localement. Ils ont alors eu l’idée de cultiver des fraises dans des Cooltainers : des conteneurs maritimes recyclés dont le microclimat conviendrait à la culture de celles-ci.

Ces conteneurs de 32 mètres carrés sont parfaitement étudiés pour accueillir et faire pousser les fraises : taux d’humidité, qualité de l’air, luminosité : tout est paramétré afin d’optimiser leur pousse.

Un des conteneurs maritimes transformé par la Start-up Agricool.

Résultat ? Des fraises excellentes, disponibles tout au long de l’année et qui ne nécessitent aucun transport.

120 fois plus productive que dans l’agriculture traditionnel, cette méthode fait également une économie d’eau de 90 % !

Quand on sait qu’en moyenne, une fraise parcoure 1500 kilomètres, qu’elle contient 37 molécules différentes et 8 perturbateurs endocriniens et qu’elle est déconseillée aux femmes enceintes, Agricool nous donne un regain d’espoir pour consommer ce fruit sans inquiétude.

Les deux agronomes ont levé 4 millions d’euros et ont acquis un entrepôt de 4000 mètres carrés afin de développer leur culture. A terme, ils veulent produire plus de 90 tonnes de fraises et se lancer dans d’autres cultures.

C’est gorgées de lumière LED que les fraises Agricool poussent !

Un projet qui démontre qu’une autre agriculture est possible, plus respectueuse de l’environnement et de ses consommateurs.

Si jamais vous avez une envie de fraises en plein mois de Décembre, vous pouvez déculpabiliser en achetant les fraises Agricool au Monoprix de Beaugrenelle et d’Asnières Gare.

Agripolis réinvestit les surfaces urbaines inutilisées en potager

Agripolis est parti du constat simple que les produits alimentaires parcourent entre 2400 et 4800 kilomètres jusqu’à notre assiette, que 65 % des fruits et 35 % des légumes français contiennent des pesticides et que 90 % des tomates vendues en supermarchés viennent d’Espagne ou de Hollande.

Il fallait donc relocaliser la production maraîchère et sans pesticide !

Destinée aux grandes entreprises, institutions et grandes surfaces, Agripolis propose la mise en place de potagers sur des surfaces planes comme des toits ou des terrasses, sans aucune modification ni travaux.

Des colonnes de culture sont installées sur ces surfaces, qui utilisent la technique d’Aéroponie : les racines des plantes sont maintenues dans le vide et une solution nutritive est aspergée à intervalles réguliers. Cette technique utilise peu d’eau, aucun pesticide et le rendement est optimal.

Les légumes poussent à foison sur les colonnes avec la technique d’Aéroponie !

La production est destinée aux employés des entreprises mais aussi aux clients des supermarchés. Les bénéfices sont multiples : végétalisation des toits, cultures locales, emprunte environnementale réduite et récoltes saines.

Et après ?

D’autres projets voient le jour comme par exemple Urban Farmers en Suisse ou encore le projet Dragonfly : une ferme verticale en plein cœur de New York qui pourrait accueillir et nourrir 100 000 personnes.

Le concepteur belge de Dragonfly est très inspiré par l’univers de la bande dessiné, n’en est pas à son premier projet.

Les villes sont aujourd’hui complètement déconnectées de la nature : bétonnées, surpeuplées et polluées, elles abritent pourtant la moitié de la population mondiale. Il est urgent de transformer ces territoires pour optimiser l’espace, rendre ces villes autosuffisantes mais aussi agréable pour ses habitants.

Les espaces en sous-sols commencent à être exploités comme le démontre La Caverne, mais les toits aussi avec l’exemple Agripolis et d’autres projets de ruches urbaines.

Il y a beaucoup à faire dans l’alimentation, notamment dans le gaspillage alimentaire mais aussi dans les énergies renouvelables et les transports.

Tous ces projets traduisent une envie de repenser la ville de demain, d’y réintroduire la nature mais aussi de créer une nouvelle façon de manger, plus locale et plus respectueuse de son environnement.

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