Les objets connectés vont-ils sauver les espèces menacées d’extinction ?

Nature et wifi

Selon une étude menée par WWF, la terre a perdu 52 % de ses espèces sauvages en 40 ans ! Les espèces vivant en eau douce comme les amphibiens et les poissons sont plus menacées encore que les espèces marines et terrestres. Sans surprise, les menaces qui pèsent sur la disparition des espèces sont, entre autres, la disparition de leur habitat, la chasse et la pêche, la pollution et le réchauffement climatique.

Mais à l’heure où il n’y a jamais eu autant d’objets connectés, les hommes commencent à mettre la technologie au service de la sauvegarde des espèces menacées. Bornes Wifi et réseaux LAN pour les rhinocéros noirs d’Afrique du Sud, ruches connectées pour les abeilles ou application mobile pour les rennes, petit tour d’horizon des objets connectés qui pourraient bien sauver certaines espèces menacées.

Le Rhinocéros noir, bientôt sauvé ?

Faisant partie d’une des espèces les plus menacées dans le monde, braconné pour sa corne qui est revendue en chine pour ses vertus thérapeutiques, le nombre de rhinocéros noirs braconné en Afrique du Sud a cependant observé une légère baisse entre 2016 et 2017.

nombre de rhinocéros noirs braconnés entre 2007 et 2017.

 

Plusieurs solutions sont utilisées à des fins de protections. Tout d’abord le projet RAPID (Real Time Anti Poaching Intelligent Device), qui équipe les rhinocéros de trois dispositifs connectés : une caméra, un moniteur de fréquence cardiaque et un GPS. Combinés, ces trois dispositifs permettent d’alerter si l’animal est stressé, de traquer ses mouvements et de filmer les braconniers.

Un autre système est également testé. C’est un système Wifi et de data combinés capables de fonctionner sous très peu de batterie pendant plusieurs années, et qui permet de couvrir la réserve. Toute personne ou véhicule entrant dans la zone protégée est surveillée. Le système biométrique scanne les empreintes digitales, les passeports, les membres du parc, les plaques d’immatriculations, les touristes et braconniers. Ces données sont analysées en permanence et permettent d’alerter et d’envoyer des drones en cas de comportement suspect. Les drones arrivent alors sur place rapidement et permettent de définir si une équipe de ranger doit intervenir, ou si un hélicoptère doit être affrété sur place.

Caméra intégrée dans la corne d’un Rhinocéros noir.

Dans la réserve où ce système a été testé, on a observé une réduction de 96 % du braconnage en 2015, et aucun rhinocéros n’a été braconné en 2017. Un système ultra sophistiqué qui porte donc ses fruits !

Hostabee et sa ruche ultra-connectée !

On le sait, les pesticides sont la principale menace pour les abeilles. En 2018, les abeilles françaises ont subi une perte de 60 % de leur population.
Le frelon asiatique, espèce invasive venue d’Asie, représente une autre menace pour les abeilles, car ils se nourrissent de celles-ci.
Hostabee, une start-up française crée en 2015 à Saint-Quentin dans l’Aisne, permet de récolter des données 24h/24 grâce à des capteurs intégrés à l’intérieur de la ruche. Les capteurs permettent de mesurer le taux d’humidité et la température, et de savoir quand le miel peut être récolté et permet de prévenir l’apiculteur en direct si une attaque de frelons a lieu. Une application mobile permet également de surveiller sa ruche de son téléphone.
Son prix ? 80€ ! Et son créateur, Maxime Mularz connait déjà un franc succès puisque pas moins de 5000 ruches ont été commandées outre-Atlantique.
Le dispositif Hostabee : un boitier connecté et une application mobile !

En Norvège, le renne sauvé par le réseau sans fil.

Animal emblématique de la Norvège, le renne est pourtant menacé par des collisions avec les trains. Chaque année, la population perd 10 % de ses individus. 6500 individus sont tués chaque année, entraînant également des dommages collatéraux de 8,5 millions d’euros pour les compagnies ferroviaires. Pour résoudre ce problème, un réseau sans fil a été déployé et une application mobile créée dont sont équipés les conducteurs de train. Une alerte est donnée lorsque les animaux s’approchent trop près des rails, ce qui permet de prévenir les accidents.
Les rennes, souvent présents sur les rails de chemin de fer…mais aussi sur les routes.

Comment les objets connectés évolueront pour une meilleure préservation des espèces ?

Partout dans le monde, on voit naître de nombreux projets de sauvegarde des espèces grâce aux objets connectés. Ces dispositifs restent chers, mais la multiplication des objets connectés en général entraînera une baisse des coûts de production et d’utilisation.
Dans un futur proche, on sera également capable de récolter davantage de données de manière plus précise. Des espèces plus petites en taille pourront donc également être surveillées, comme le pingouin, une espèce également en voie de disparition. L’intelligence artificielle permettra de réduire l’intervention humaine, et la reconnaissance biométrique permettra de surveiller la faune plus discrètement.
Et à l’heure où les objets connectés sont une source d’inquiétude au sujet des données personnelles pour ses utilisateurs, ils représentent aussi le plus grand espoir pour la conservation des espèces menacées.

Sources :

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